« Les noms de famille ne nous sont pas propres, au contraire : ils circulent, se transforment, se transmettent, s'inventent parfois. Ils sont aussi rarement sans tâches ou sans secrets ». C’est le constat auquel parvient Vanessa Springora dans son deuxième roman, Patronyme. Tout commence alors qu’elle est attendue sur le plateau de La Grande Libraire pour parler de son livre, Le Consentement : la police l’appelle pour reconnaître le corps sans vie de son père qu’elle n’a pas vu depuis dix ans. La découverte dans l’appartement paternel d’une photo de son grand-père tchèque, portant les insignes nazis, marque le début d’une enquête qui amène l’écrivaine à retracer son histoire. Ce voyage en Europe de l’Est, entre récit et analyse, l’amène à côtoyer tour à tour la pensée de Kafka, Gombrowicz, Zweig ou Kundera. Face aux mensonges de ses aïeuls, Springora oppose la fiction qui, selon elle, « permet à certaines personnes de vivre ».