Dans son dernier roman, François-Henri Désérable nous emmène dans un voyage à travers l’Amérique du Sud, sur les traces d’Ernesto Guevara, avant qu’il ne devienne le Che. Un périple de huit mille kilomètres que l’auteur a lui-même entrepris, à moto, en stop et en bateau, car notre homme est féru d’aventures autant que de littérature. Il déclare : « Il y a toujours, en tout cas pour ma part, une sorte de pré-texte, mais en deux mots, avec un tiret, pour me donner envie de voyager ». En 2022, c’est en Iran qu’il passait quarante jours, de Téhéran aux confins du Baloutchistan, au plus fort de la répression contre les manifestations qui suivirent la mort de Mahsa Amini. Un itinéraire emprunté soixante-dix ans plus tôt par Nicolas Bouvier, écrivain-voyageur auteur de L’usage du monde (1963), dans lequel Désérable mit ses pas en publiant L’Usure d’un monde, récit sur une République islamique aux abois. Dans un style virevoltant, non dénué d’humour, François-Henri Désérable poursuit donc son souhait : « passer la moitié de (ses) jours dans ce monde à le voir, et l'autre à l'écrire. »